La mort brutale rend bien difficile la parole parce qu’elle nous choque et souvent nous sidère . Nous avons alors beaucoup de difficultés à comprendre et à réaliser ce qui s’est passé.
Dans le cas du suicide, l’idée que le défunt ait choisi d’en finir avec la vie confronte à des sentiments multiples et à bien des questions. Il en est de même chez les plus jeunes, avec la difficulté supplémentaire que ces derniers n’ont souvent jamais pensé qu’il était possible de se donner la mort. Il s’agit alors pour eux de se familiariseravec la notion du suicide? autant que d’intégrer que leur grand-père ait eu recours à ce geste.
Il n’est d’ailleurs pas forcément nécessaire de tout expliquer d’emblée à vos enfants. Vous pouvez annoncer le décès et attendre leurs questions relatives au « comment ? » ou au « pourquoi ?». Quand elles viennent, répondre avec des mots simples et justes, qui vous semblent correspondre à leur âge et leur niveau habituel de compréhension.
Parfois, les adultes ont l'intention de protèger leurs enfants en utilisant des images pour « adoucir » la réalité, ce qui peut avoir un effet contraire et les inquiéter. Dire par exemple que votre père s'est endormi, dort pour toujours, peut entraîner des inquiétudes ou des difficultés quand l’enfant va lui-même se coucher. Affirmer que son grand-père vit dans les nuages, qu’il le regarde de là-haut peut engendrer de la confusion.
Chez les tout petits, se servir d’un livre qui aborde la question de la mort peut être très aidant.
Vous pouvez consulter la bibliographie sélective sur la maladie grave, la mort et le deuil pour les 3 à 16 ans.
Si vous annoncez la mort et ses circonstances en plusieurs étapes, gardez à l’esprit, malgré la difficulté que cela représente, comme il est important de dire que c’est un suicide afin de ne pas en faire un sujet tabou. Ne rien dire peut logiquement laisser penser que l’on peut mourir sans raison, du jour au lendemain, ce qui peut être angoissant pour certains enfants. Vous pouvez aussi partager vos croyances si vous en avez et qu’elles font partie de l’éducation que vous apportez à vos enfants.
Vous pouvez tout à fait mettre des mots sur votre difficulté à en parler, dire comment vous vous sentez : triste, en colère, abattu(e), etc. Vous pouvez même évoquer votre difficulté à y croire ou à comprendre ce qui vient de se produire. Les mots que vous utiliserez pour expliquer comment vous vous sentez aideront beaucoup vos enfants à avoir des repères quant à leurs propres sentiments et difficultés. Cela les aidera à vous comprendre.



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